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Musique classique et opéra par Classissima

Richard Wagner

dimanche 4 décembre 2016


Les blogs Qobuz

2 décembre

Le blog-notes de Claude Samuel Le scandale de Sancta Susanna – Wagner selon Paul Hindemith – Le vérisme italien – En attendant Wagner

Les blogs Qobuz Paul Hindemith (1895-1963) turbulent dans sa belle jeunesse (DR) C’est dans une Allemagne vaincue, en quête de nouveaux repères (et nous savons ce qu’ils furent !), qu’éclata à Francfort, le 26 mars 1922, le scandale de Sancta Susanna, le bref opéra de jeunesse de Paul Hindemith qui est actuellement à l’affiche de l’Opéra-Bastille en duo avec le très célèbre Cavalleria rusticana de Mascagni. La profanation L’année précédente, programmé à l’Opéra de Stuttgart en compagnie de deux autres opéras en un acte du même auteur (Mörder, Hoffnung der Freuen et Das Nusch-Nuschi), le jeune maestro Fritz Busch, récemment engagé par l’Opéra de Dresde, avait refusé d’en diriger la première, craignant que le public n’en supportât pas « l’obscénité ». Et, de fait, à Francfort, les « gardiens de la culture » qualifièrent l’ouvrage de « profanation incroyable de la vénération vouée à Dieu » ; quant au Katholischer Frauenbund « (L’Union des femmes catholiques), il organisa pendant la Semaine Sainte des prières d’expiation des péchés « en signe de douleur et de protestation contre la représentation indigne de la pièce » sur la scène de Francfort. « Cavalleria Rusticana », dans son jus, première à Rome, en 1890 (DR) L’objet du délit : le livret du dramaturge allemand August Stramm, avec, en héroïne, la très pieuse Sœur Susanna, en quelque sorte une obsédée sexuelle qui presse son corps nu contre l’image du Sauveur sur la Croix… Mais on n’épilogua pas sur le modernisme très tempéré qu’Hindemith déclinait, loin des audaces développées par Schoenberg et ses disciples. Hindemith, plus tenté par la parodie façon Kurt Weill que par la musique à douze sons, folâtrait hors des circuits traditionnels, à la manière, si l’on veut, d’un Erik Satie, en France, à la même époque. Et je ne saurais trop vous conseiller d’écouter à cet égard la fantaisie pour quatuor à cordes intitulée Ouverture du « “Vaisseau Fantôme“ déchiffrée par un mauvais orchestre de second ordre à 7 heures du matin devant la Fontaine de Village ». Ou, de la même veine, également pour quatuor à cordes, le Minimax très militaire que Paul Hindemith composa pour le Festival de Donaueschingen, ce haut-lieu de la création toujours très actif, qu’il avait contribué à lancer au début des années vingt. Le prêcheur Hindemith, un farceur ? Les auditeurs de Mathis le peintre, ce gros pavé prêcheur que les nazis interdirent en leur temps, n’y auraient jamais pensé. Il faut bien que jeunesse se passe. Mais, c’est tout de même grâce à cet Hindemith de second rayon que Stéphane Lissner nous a évité le couplage traditionnel : Mascagni-Leoncavallo ou, si vous préférez, Cavalleria Rusticana – Paillasse, ces deux purs produits du vérisme italien. Quant à découvrir des liens secrets entre Cavalleria Rusticana et Sancta Susanna, c’est une autre paire de manche ! Mais, dans un répertoire où les compositeurs pêchent généralement par excès de développement, il faut bien sauver des eaux les très rares ouvrages intéressants en un acte… La très pieuse Sœur Susanna (Anna Caterina Antonacci) et ses hallucinations (© Elisa Haberer / OnP) Pour une confrontation guère évidente, Mario Martone, le metteur en scène italien de la soirée, par ailleurs scénariste et réalisateur au cinéma, a réussi un petit tour de forces : laisser sa spécificité thématique à chacun des deux ouvrages, tout de même un peu gêné par les vastes dimensions du plateau de Bastille. Mais de belles voix solistes et des choristes magnifiques dans Cavalleria ! Et un spécialiste au pupitre en la personne de Carlo Rizzi. Prochaine nouvelle production à l’Opéra de Paris : retour de Wagner avec Lohengrin. Du lourd ! Conseil de lecture : Il n’y a pas abondance en la matière et même une totale pénurie en ce qui concerne Mascagni. Pour Hindemith, on lira, traduit en français, le bref ouvrage (175 pages) de Giselher Schubert publié par Actes Sud. Enfin, en ce qui concerne le détournement de la très innocente Ouverture du Vaisseau fantôme, je vous signale l’existence d’un enregistrement par le Quatuor Buchberger édité par Wergo sous la référence WER 6197-2A. Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de décembre 2016 : « Ce jour-là, 1er octobre 1733 : la création d’Hippolyte et Aricie de Rameau »

Carnets sur sol

30 novembre

Winter is coming : après novembre, décembre

Oui, je suis un garçon cultivé, capable de citer les grands opus de la culture populaire. (Je n'ai d'ailleurs aucune idée de la référence précise à l'intérieur du scénario…) 1. Bilan d'octobre-novembre J'avais arrêté le dernier bilan, lors de la précédente notule d'annonce, au 20 octobre. Qu'on ne me dise pas que je n'ai pas été raisonnable : j'ai renoncé à voir le Dichterliebe avec harpe, le partenariat CNSM-Palerme dans Charpentier, des cours public de cor et de direction d'orchestre, le Second Trio de Mendelssohn par mes chouchoutes du Trio Sōra, Leyla McCalla dans son programme violoncellistique haïtien, les extraits d'Ariadne auf Naxos par un des orchestres du CNSM, la Neuvième de Mahler par l'Orchestre de l'Opéra, un bouquet de songs et mélodies par l'excellent ténor Charlesworth (de Lili Boulanger à Lennox Berkeley), une messe inédite d'Henri Frémart, quelques Histoires Sacrées de Bouzignac (atrocement documentées au disque), la reprise de la formidable production de Dido & Æneas venue de Rouen (avec Zaïcik en Didon et Mauillon en Magicienne !), des mélodies françaises accompagnées par Billy Eidi, la Neuvième de Beethoven par le Philharmonique de Strasbourg (et le Chœur de l'Orchestre de Paris), le récital parisien de la folkiste Weyes Blood, la délicate Légende de sainte Cécile de Chausson, le Septuor (pour quatuor et trois voix de femme) de Caplet… Et je m'apprête à m'éloigner du Fidelio HIP de Boyd, des extraordinaires variations sur El Pueblo unido de Frederic Rzewski (sans doute le cycle de variations le plus divers, accessible et complet qui soit !), des intermèdes de LULLY & Charpentier par Correas (avec Lombard & Dumora !), du Requiem de Pizzetti et d'un récital d'histoire du lied par L'Oiseleur des Longchamps. Car, croyez-le ou non, les spectacles ne sont pas la principale occupation des Lutins de céans, il y en a deux ou trois autres avant – et je ne mentionne même les contraintes additionnelles en raison de vilains déserteurs venus prêter main-forte à Qaanaaq pendant la haute saison. J'ai tout de même un peu occupé mon temps de façon avisée. Près d'une quinzaine de soirées depuis le dernier bilan. Il y a un peu de tout. ♥ Des inédits absolus : ♥♥ notamment des mélodies de Roland-Manuel (ami et biographe de Ravel, collaborateur de R. Strauss et Stravinski…) et Henriette Puig-Roget (organiste et accompagnatrice emblématique de l'ère Cluytens, pour faire simple), très belles, où l'on pouvait entendre de formidables jeunes chanteurs ; Cécile Madelin, plusieurs fois distinguées dans ces pages, dans le baroque français ou de le lied ; Edwin Fardini, un baryton-basse au rayonneent extraordinaire ; Brenda Poupard, un mezzo tout rond et délicat, d'un équilibre parfait ; ♥♥ ou bien la Messe d'Innocent Boutry (1661), uniquement donnée par Doulce Mémoire il y a vingt ans, jamais gravée, qui me donnera l'occasion de parler de l'esthétique de la messe musicale en province, au XVIIe siècle (notule minutieusement préparée…), mais aussi du nouvel ensemble spécialiste Le Vaisseau d'or, qui a en six mois d'existence acquis la maturité des plus grands [notule plus vaste en préparation] ; ♥♥ les sonates pour « piano et violon » d'Hérold et Godard, que je n'ai jamais vu passer au disque (ce doit probablement exister, vu la quantité de petits qui documentent la musique de chambre de tous les compositeurs un minimum célèbres) et qui ne sont en tout cas jamais données en concert. Couplées avec le passionnant et saisissant duo d'Alkan, et joués sur instruments d'époque (pianoforte, piano Érard, violons historiques montés en boyaux, diapasons spécifiques), à l'occasion de la soutenance de la thèse de Cécile Kubik sur l'inclusion des pratiques historiques du violon français dans les interprétations d'aujourd'hui. [notule ] ♣ D'autres bizarreries : ♣♣ Le Faune, Jeux et le Sacre du Printemps sur des instruments de facture française du début du XXe siècle, par Les Siècles, avec restitution et/ou inspiration chorégraphique de Nijinsky. Les chorégraphies inspirées ne sont pas très passionnantes (et l'originale plus intéressante que convaincante), mais l'équilibre spécifique des nouveaux, qu'on pourrait croire dérisoire, est réel – il révèle surtout, à cette époque, les progrès de facture (et apporte un surcroît de difficulté d'exécution à des œuvres déjà très exigeantes), mais ça renouvelle l'écoute, d'autant que Roth est un très grand chef capable d'en tirer parti. ♣♣ Lü Bu et Diao Chan, wuju (opéra de l'Ouest de la province du Zhejiang) par l'ensemble officiel chargé de la conservation de ce patrimoine. De l'opéra traditionnel chinois, très proche du kunqu (même instrumentarium, même construction avec dialogues chantants et numéros souples, même harmonie sans modulations, mêmes rythmes standardisés mais insaisissables, mêmes effets dramatiques – percussions de tension, chœur narratif en coulisse…). Simplement un peu plus de suona (hautbois chinois, celui avec le pavillon en métal). L'intrigue de cet opéra-ci est tiré de la matière historico-légendaire qui servit à l'établissement du roman Les Trois Royaumes. Pour les détails sur le genre (plutôt centré sur le kunqu), il existe une section spécifique dans CSS. ♪ De jeunes interprètes, futurs très grands de demain : ♫ Concert de l'ECMA, avec notamment le Trio avec piano Sōra et le Quatuor Bergen. [notule ] ♫ Concert de l'ECMA, avec notamment le Trio avec piano Zadig et le Quatuor Akilone. [notule ] ♫ Concerts au CNSM déjà mentionnés, avec Cécile Madelin, Edwin Fardini et Brenda Poupard. ♫ Clémence Barrabé enfin entendue en salle lors de l'anniversaire de l'ADAMI. (Petite déception en l'occurrence, la voix ne rayonne pas/plus comme je l'avais espéré, l'émission semble moins haute et claire, plus fondue. Mais elle conserve ses extraordinaires [r] uvulaires bien sûr.) ♫ Les Kapsber'girls, quatre à peine vingtenaires qui renouvellent, vraiment, l'approche des premiers airs de cour baroques italiens. Dans un programme autour des villanelles les plus facétieuses de Kapsberger et des saynètes de Merula et Strozzi, elles réactivent le texte (qu'elles racontent et communiquent, vraiment, rien à voir avec les plaintes standardisées qu'on se représente comme l'usage) et redonnent toute sa place aux effets de la rhétorique musicale (parodie de stile concitato chez Strozzi, servi par des passages en voix de poitrine ; mélismes qui ne sont pas décoratifs mais prolongent l'émotion, comme ces [i] guillerets d'ingioisce – « se réjouit » –, etc.). † Du théâtre exotique : †† Père (en réalité, ça se traduirait plutôt Le Père) de Strindberg à la Comédie-Française, mise en scène Depleschin. Très bien, surtout pour du Strindberg : thématique assez ibsenienne de dévoilement, le coup de théâtre et l'évolution psychologique en moins. Ça souffre de la comparaison, certes, mais c'est joliment fait (quoique d'une misogynie, ou plutôt d'une gynophobie assez délirante – une femme peut tenir l'Univers enserré dans ses projets innocemment maléfiques). Je l'ai fait malgré moi, voyez-vous. / C'est quelque chose qui est plus fort que moi. Ce genre de chose. En termes de réalisation, le bruit blanc de cordes frottées, suspendues à la même hauteur pendant 1h30, pour insuffler de la tension, est franchement très pénible dès qu'on se trouve sur les côtés, c'est-à-dire proche de la source d'amplification. Sérieusement, vous n'êtes pas capables de tenir une salle sans ce genre d'expédient ? Sinon, c'était très honnêtement joué, pas forcément varié (entre Kessler et Vuillermoz, forcément…), mais tout à fait opérant. †† Gens de Séoul 1909 de HIRATA Oriza, observation d'une famille de colons japonais. Complètement magnétique pour moi, mais il faut aimer la conversation gratuite. [notule ] †† Gens de Séoul 1919 de HIRATA Oriza. La même chose à dix ans d'écart (avec le début de l'indépendance coréenne), avec des chants en sus ! [compléments de Chris, d'autres à venir par DLM] ♠ Et, parce que je ne suis qu'humain, un peu de glotte et autres sinistres banalités : ♠♠ Sibelius 2 et Tchaïkovski 6 par le Philharmonique de Radio-France et Mikko Franck. Très bien. Sibelius joué très lyrique et discontinu, Tchaïkovski d'une emphase sans ironie. [notules : Tchaïkovski 6 , Sibelius 2 , interprétation ] ♠♠ Les Contes d'Hoffmann dans une édition prétendument Choudens et largement rectifiée par les découvertes (qui ont déjà 40 ans) de Fritz Oeser. Dans la plastique, originale, cohérente, saisissante et spectaculaire mise en scène Carsen, archi-rebattue, mais qui gagne vraiment, comme sa Rusalka, à être vue en salle. Avec Koutcher, Jaho, Aldrich, d'Oustrac, Vargas, R. Tagliavini, Lovighi, Briand, Lis… [deux notules : édition utilisée , interprètes ] ♠♠ Le Requiem de Verdi par Rhorer, avec un plateau enivrant : Vanina Santoni, Alisa Kolosova, Jean-François Borras, Ildebrando D'Arcangelo. Collaboration encore en rodage avec l'ONF (quantité de décalages, pas toujours bien gérés par le chef), qui m'a donné la matière pour beaucoup d'extraits sonores dans de futures notules – ce que c'est que d'accompagner un chanteur, la suite de la couverture vocale, le rapport timbre/projection, etc. Très belle soirée d'ailleurs, j'étais enchanté de réentendre l'œuvre, et aussi bien chantée. ♠♠ Soirée anniversaire de l'ADAMI (organisme de récolte des droits et promotion de jeunes artistes – bon sang, et ils dépensent l'argent de leurs cotisants en réunissants leurs anciens chouchous ?!). Programme assez original d'ailleurs pour ce type de pot-pourri, où j'ai le plaisir d'entendre pour la première fois en vrai Clémence Barrabé, de découvrir l'ampleur de Marc Scoffoni, de réentendre Mathieu Lécroart et quantité d'autres excellents chanteurs ou instrumentistes. Seul le chef, Brian Schembri, était véritablement redoutable – je croyais que c'était un chef dilettante choisi parmi les cadres musiciens de l'ADAMI, mais non, il est le principal chef du principal orchestre maltais, d'après sa biographie. Donc tant pis, pas de pitié, il y en a d'autres qui attendent la place. Ne pas arriver à suivre les chanteurs (pourtant disciplinés) dans de l'opéra XIXe est une chose, mais transformer des Verdi de maturité en fanfare aussi bruyante et vulgaire, c'est assez impressionnant… Sans chef, l'ONF aurait clairement fait mieux. Pour finir novembre, il me reste encore un programme d'airs de Kapsberger, Strozzi & Friends par les Kapsber'girls (avec gambe et guitare baroque, miam), ainsi que l'Iphigénie de Goethe. Je ne peux par ailleurs aller voir Metropolis accompagné par l'improvisation d'Escaich, lundi. Si cela intéresse quelqu'un, le concert étant (pour une fois) complet : voici . [passé et vendu] Bien, à présent que j'ai montré à quel point mes conseils sont géniaux (car c'était un peu mon agenda caché en vous détaillant ma vie ci-dessus), passons à ce qui vous sera peut-être utile : les repérages de décembre ! Nicolas POUSSIN, Le Triomphe des Arts ou la remise des Putti d'incarnat (Musée du Louvre.) 2. Il arrive le petit Décembre, il arrive ! Les petites gourmandises ne cessent pas tout à fait avec décembre. Voici une courte sélection de quelques pépites qui vous ont peut-être échappé. ► Œuvres rares, programmes originaux. ■ L'opéra chinois Le Roi Singe passe à Argenteuil (1er décembre). ■ Motets du milieu du XVIIe : Bertali et Froberger, véritables raretés, salle Turenne, ancien réfectoire des Invalides. Le 12. ■ Sonata da camera de Steffani (dommage, j'aurais tout lâché pour les airs chambristes !), cantate profane de Domenico Scarlatti. J.-Ch. Frisch et son ensemble XVIII-21, avec l'excellente Cyrille Gerstenhaber en soprano. ■ Histoires sacrées de Charpentier par l'ensemble Correspondances (avec Weynants, Richardot, Fa et une petite mise en scène de Huguet), Chapelle Royale de Versailles, le 14. ■ Programme de musique baroque sacrée latino-américaine de la Capella Mediterranea à la Chapelle Royale de Versailles, le 18. ■ Oratorio de Porpora à la Chapelle Royale de Versailles le 3. Beurk, mais il y aura Negri, Staskiewicz, Galou et l'excellent ensemble Les Accents, ce peut permettre de survivre. ■ Un opéra léger de Haydn, La Canterina, par les élèves du CNSM dirigés par Sigiswald Kuijken, avec une mise en scène. Les 9 et 10, également retransmis sur le site du conservatoire. ■ Oratorios de Mendelssohn (Élie) et Schumann (Le Paradis et la Péri) à la Philharmonie, on les entend peu en France. Le premier est peut-être bien le sommet du genre, et une des cîmes de Mendelssohn… Le second est un peu plus dans le reistre d'un Schumann opaque et poli, mais il contient de très belles choses (malgré un livret assez plat, prévisibilité du niveau des Trois petits cochons). ■ Mélodies de Gounod, Thomas et Bizet, airs de Paladilhe et David (et puis Rossini et Offenbach) par Chiara Skerath, le mardi 6 midi au Musée d'Orsay. ■ À l'exception d'une bizarre retransmission en décors (et chanteurs) naturels de France 3 il y a longtemps, la résurrection de L'Île du Rêve de Reynaldo Hahn, premier opéra du compositeur. Pas un chef d'œuvre, mais une très jolie chose, à redécouvrir à l'Athénée dans une très belle distribution francophone du 7 au 11. ■ L'Oiseleur des Longchamps propose un programme « algérien » de mélodies orientalisantes (avec des raretés absolues, parmi lesquelles du Dubois ou du Roland-Manuel), le 14, dans le théâtre byzantin de l'Hôtel de Béhague. ■ Le saisissant Stabat Mater de Szymanowski, l'une de ses œuvres les plus accessibles et les plus intenses, à la cathédrale des Invalides, le 11. Quelle saison, décidément ! ■ Suite des Comédiens de Kabalevski, Quatrième Symphonie de Nielsen par le Philharmonique de Radio-France (avec Vänskä, qui joue bien mieux cette musique que Sibelius !) le 2. ■ Naujalis, Čiurlionis, Eben, Mosolov à la cathédrale des Invalides, le 8. C'est un peu cher et l'acoustique n'est pas bonne hors des premiers rangs, mais le programme est sacrément intriguant. ■ L'ONDIF joue Chávez, Romero et Villa-Lobos à la Cité de la Musique le 13. Pas forcément de la grande musique, mais joué avec enthousiasme comme ce sera vraisemblablement le cas, ce peut être très chouette, parfait pour emmener un novice. ■ La transversale relativement banale Schumann / Kurtág dans la grande salle de répétition de la Philharmonie, le 16. Cette fois non avec les trios, mais avec les Microludes (son quatuor n°2, étrangement le plus joué – je trouve Officium breve, beaucoup plus rare, encore meilleur) et le Troisième Quatuor de Schumann, pour pas cher. ■ El Niño d'Adams, l'une de ses plus belles œuvres (quoique inégale), Nativité composite qui n'avait pas été rejouée en France, me semble-t-il, depuis sa création. Le 11 à la Philharmonie, avec le LSO de surcroît. ■ Deux concerts (gratuits) de musique contemporaine au CNSM, avec du Jarrell (Music for a While le 14 et autre couplage avec Dérive 1 et Leroux le 15). Par l'Ensemble ACJW. ► Interprètes et ensembles parrainés. ■ Pendant toute la première moitié de décembre, du jeudi au samedi, le Quatuor Hanson joue le Septième Quatuor de Beethoven à la salle Cortot (15€, à 20h). ■ Le Quatuor Arod joue à Tremblay-en-France les Quatuors n°13 de Schubert et n°15 de Beethoven (2 décembre, 19h). ■ Marie Perbost en récital à la BPI le 9 décembre (programme assez banal que vous pouvez retrouver dans l'agenda du CNSM ). Moins facile d'accès, elle chantera aussi le 15 au Petit-Palais, à 12h30. ■ L'excellent orchestre amateur (dont on ne peut pas vraiment entendre qu'il l'est…) Ut Cinquième donne, les 1, 3 et 4 décembre, la Septième Symphonie de Bruckner. ■ Blandine Staskiewicz chante des cantates italiennes de Haendel le 7 avec l'ensemble Pulcinella, salle Cortot. ■ Elle n'en a pas besoin, et je crois que tout glottophile digne de ce nom l'aura remarqué : Karita Mattila chante un bouquet de lieder amples au Châtelet (si le programme n'a pas été modifié depuis l'annonce de saison). Wagner, Brahms, R. Strauss et Berg, le 12. ► Cours publics. ■ CNSM : Joaquín Achúcarro (piano) en journée du 5 au 7, de même pour Barthold Kuijken le 15, Quatuor Ébène de 10h à 19h les 13 et 14, et cours de chant le soir avec Valérie Guillorit. ■ Conservatoire de Rueil-Malmaison : déclamation XVIIe siècle, en journée, les 1er et 12 décembre. ■ Rencontre entre Gérard Condé, Claude Abromont et François-Xavier Roth à propos de la Symphonie Fantastique de Berlioz, à la médiathèque Berlioz du CNSM, le 14 à 18h. ► Autres concerts gratuits. ■ L'Orchestre des Lauréats du CNSM (l'orchestre des déjà-diplômés/insérés, de niveau complètement professionnel) joue la Symphonie en ut de Bizet, la Sinfonietta de Britten, la Suite pour cordes de Janáček, dirigé par Jonathan Darlington ! ► Concerts participatifs. ■ Le 4, bal accompagné par l'Orchestre de Chambre de Paris au Centquatre (donc je suppose plutôt informel, pas trop de panique d'avoir revendu tous mes evening jackets et queues-de-pie). ■ Le 16, concert de l'Orchestre de Chambre de Paris où le public est invité à chanter pour les lullabies et carols qui complètent le programme. À la Philharmonie. Je crois qu'il y a des séances de préparation, mais ce doit être sold out depuis longtemps, il vous faudra donc y aller au talent. ► Théâtre. ■ Adaptation de Faust de Goethe au Ranelagh, pendant la seconde moitié du mois. ■ Adaptation de Faulkner à Herblay, le 11. Et plein d'autres choses à n'en pas douter. Si vous êtes curieux de ma sélection personnelle, elle apparaît en couleur dans le planning en fin de notule. Simon VOUET, Putto de CSS s'usant les yeux à la confection de l'agenda officiel (Musée du Louvre.) 3. Expositions Voici le fruit de mon relevé personnel, pas très original (je ne suis qu'un petit garçon pour les expositions, et il me reste tant de lieux permanents à découvrir), mais s'il vous inspire jamais… → Louvre – Bouchardon – 05/12 → Chantilly – Grand Condé – 02/01 → Cartier – Orchestre des Animaux – 08/01 → Custodia – Fragonard-David – 08/01 → École des Beaux-Arts – Pompéi – 13/01 → Orsay – Napoléon III – 15/01 → Petit-Palais – Wilde – 15/01 → Petit-Palais – La Paix – 15/01 → Louvre – Le Tessin – 16/01 → Guimet – Jade – 16/01 → Rodin – L'Enfer – 22/01 → Jacquemart-André – Rembrandt – 23/01 → Fontainebleau – Chambre de Napoléon – 23/01 → Delacroix – Sand – 23/01 → Judaïsme – Schönberg – 29/01 → Invalides – Guerres secrètes – 29/01 → Orangerie – Peinture américaine – 30/01 → Luxembourg – Fantin-Latour – 12/02 → Galliera – Collections – 17/02 → Arts Déco – Bauhaus – 26/02 → Dapper – Afrique – 17/06 → Histoire Naturelle – Ours – 19/06 → Histoire Naturelle – Trésors de la terre – jusqu'en 2018… Ce mois-ci fut très peu aventureux de mon côté : ♦ Bouchardon au Louvre, surtout des dessins préparatoires assez littéraux et quelques bustes qui ne valent pas mieux (muséographie indigente, au passage) ; ♦ la pompe Second Empire à Orsay, d'un goût… Napoléon III, mais la diversité du supports et quelques putti malfaisants méritent le détour ; ♦ collection Le Tessin au Louvre ; quantité de petits bijoux, crayonnés ou peints, figurant un badinage diversement innocent, absolument délicieux pour les amateurs de XVIIIe siècle ; ♦ mini-expos Puig-Roget et Roland-Manuel dans le hall des salles publiques du CNSM. Avec manuscrit de la première biographie de Ravel et carte postale rédigée par celui-ci, pour les plus fétichistes ; ♦ la seconde MacParis de l'année. Trouvé quelques photographes séduisants, mais l'impression de voir toutes les tendances depuis le début du XXe siècle : sous-Malévitch (oui, il y a des losanges blancs sur fond blanc à vendre…), sous-Basquiat, sous-art marxisto-dépressif engagé (tout en insultant le spectateur), poupées malsaines façon sous-Bourgeois, sous-Cartier-Bresson, photographies de ruines en pagaille (j'adore ça, mais on n'est pas exactement à l'avant-garde…), travailleurs de la matière brute, fausses perspectives, dessins avec jeux de mots… tout l'univers de l'art contemporain y passe (à l'exception notable des plasticiens-conceptuels, ce qui n'est pas précisément un mal). Le concept est néanmoins très sympathique : les artistes sont présents et ouverts à la discussion, très simplement, l'entrée est gratuite sur réservation, et on y propose aux visiteurs des crackers et du rouge bas de gamme, rien à voir avec les grandes cérémonies qui coûtent un bras (où les artistes exposés sont davantage dans les esthétiques à la mode et pas forcément meilleurs). Giovanni Battista TIEPOLO, Merveilles vues dans l'agenda de CSS (Musée du Louvre.) 4. Programme synoptique téléchargeable Comme les dernières fois : Les codes couleurs ne vous concernent pas davantage que d'ordinaire, j'ai simplement autre chose à faire que de les retirer de mon relevé personnel, en plus des entrées sur mes réunions professionnelles ou mes complots personnels. Néanmoins, pour plus de clarté : ◊ violet : prévu d'y aller ◊ bleu : souhaite y aller ◊ vert : incertain ◊ **** : place déjà achetée ◊ § : intéressé, mais n'irai probablement pas ◊ ¤ : n'irai pas, noté à titre de documentation ◊ (( : début de série ◊ )) : fin de série ◊ jaune : événement particulier ◊ rouge : à vendre / acheter Les bons soirs, vous pourrez toujours apercevoir mon profil imposant surplomber la plèbe rampante dans les escaliers clairsemés. Cliquez sur l'image pour faire apparaître le calendrier (téléchargeable, d'ailleurs, il suffit d'enregistrer la page html) dans une nouvelle fenêtre, avec tous les détails. Toutes les illustrations picturales de cette notule sont tirées de photographies du Fonds Řaděná pour l'Art Puttien, disponibles sous Licence Creative Commons CC BY 3.0 FR . Non, décidément, avec le planning (et les putti) de CSS, décembre est le mois le plus lumineux de l'année !




Le journal de papageno

29 novembre

La Septième de Bruckner par Ut Cinquième

L'Orchestre Ut Cinquième est heureux et fier de vous convier à écouter la Septième Symphonie d'Anton Bruckner, sous la direction de David Molard, les 1er, 3 et 4 décembre prochains à Paris. Cela se passe à Notre-Dame-du-Liban à 21h les jeudi 1er et samedi 3 décembre, et à Saint-Denys-du-Saint-Sacrement à 16h le dimanche 4 décembre. Il y a tant à dire sur cette belle et singulière symphonie que je ne sais pas où commencer. C'est celle qui permit à Anton Bruckner de connaître enfin le succès, à soixante ans passés. Elle est spécialement célèbre pour son mouvement lent, écrit à la mémoire de Richard Wagner et qui constitue sans doute une des plus belles pages de tout le répertoire symphonique. Tout en se conformant à la forme sonate héritée de Beethoven, et aux règles classiques de l'harmonie et le contrepoint, c'est ausi une oeuvre éminement personnelle et originale. Ses dimensions monumentales (près de soixante-dix minutes) ont parfois découragé ses contemporains, mais elles n'effraient plus les orchestres ni le public de nos jours.  Je posterai sans doute une analyse de cette symhponie dans ce Journal un jour (et cela risque d'être plutôt long, même avec un billet pour chaque mouvement). En attendant, je vous invite à lire cette introduction rédigée par notre contrebassiste. Et en préparation de ces concerts j'ai surtout envie de partager avec vous un poème écrit il y a quelques années, sous d'autres cieux et en d'autres circonstances, et inspiré par l'écoute de l'Adagio de la Septième de Bruckner:  Septième symphonie Comme un adagio de Bruckner Ma vie s'étire interminablement C'est une élégie sans fin Mes yeux sont secs d'avoir trop pleuré Je n'ai même plus la force d'être triste La musique seule coule en moi Elle me traverse de part en part Le temps n'existe plus Tout n'est que cendres et lamentations Les contrebasses et le tuba pénètrent ma chair interte Mon Dieu ! Toi qui a permis qu'une telle musique existe C'est par amour pour tes fils perdus Quand la moindre parole pourrait nous offenser Tu nous parles encore Sans mots Dans un souffle Tu nous dis combien tu partages notre tristesse Mon cœur se gonfle soudain de gratitude Les échelles harmoniques m'emmènent au ciel Je me sens prêt à pleurer enfin Ce sont des larmes de joie Je ne suis qu'un fétu de paille Mes chagrins sont aussi insignifiants que moi Mais je peux entrevoir l'infini Deviner cette immense histoire Dont je ne suis qu'un atome Détachée de mon ego Ma conscience s'envole Se fond dans le Grand Tout Si la mort est semblable à cette sensation Je l'accueillerai avec joie Avec des larmes de gratitude Je deviendrai Un atome d'éternité

Carnets sur sol

29 novembre

Le pot-pourri ultime de Star Wars, pour piano et costumes

1. La quête Bien sûr, rien ne remplace les compositions originales inspirées des thèmes et situations des films, par le glorieux duo Anderson & Roe (qui n'ont, pour des raisons de droits, jamais pu publier la partition ni enregistrer les pièces – même pas sûr qu'ils aient pu les rejouer en public). Du fait de son caractère très wagnérisant (façon Rheingold, avec des motifs-clefs simples qui mutent et innervent toute l'œuvre), la musique de Star Wars se prête particulièrement bien à la réexploitation. La tradition est de jouer des suites orchestrales tirées des films, juxtapositions assez plates de la littéralité des accompagnements, qui sans l'image et surtout sans les musiques de transition, ne peuvent absolument fonctionner – comme lorsque Leinsdorf (c'est la version gravée par Abbado, rien à voir avec la remarquable suite beaucoup plus adroitement constituée par Marius Constant, notamment enregistrée par Märkl) colle à la suite les interludes de Pelléas. J'ai toujours regretté (et c'est sans doute aussi lié au verouillage des droits par Lucas et peut-être Williams) que des compositeurs ne s'emparent pas de ce riche matériau, très efficace, propice à la mutation, et de surcroît très populaire, pour écrire des symphonies se fondant sur les motifs d'origine mais développant une forme musicale plus traditionnelle ou cohérente, voire recréant une nouvelle trame narrative dans une sorte de poème symphonique. Ou un opéra, tiens, mais Williams n'ayant pas montré la voie, il y aurait un véritable travail de wagnéro-lyricisation probablement beaucoup plus périlleux. Dans la notule sur les duos d'Anderson & Roe, je détaillais une partie du paradoxe qui consiste à réutiliser, chez les compositeurs savants, la partie la plus accessible et populaire d'une musique pourtant très charpentée. La musique de ces films n'a jamais vraiment quitté le giron de la musique savante (en particulier dans la première trilogie publiée, la consistance de musique comme la nature du propos et du visuel changeant beaucoup dans la suite). La musique de Williams est profondément marquée par Wagner (musicalement, Star Wars est réellement un écho du Ring, de façon assez réussie), Holst (pour ses "effets spatiaux") et bien sûr Richard Strauss (pour la nature de son lyrisme et la direction de son harmonie). Et si on s'intéresse aux partitions filmiques de Korngold, on peut constater à quel point Williams améliore un matériau... qu'il a quasiment emprunté. Avec bien sûr le sentiment qu'il y a eu Berg et Ralph Vaughan William entre-temps, et que ce n'est pas tout à fait une musique au "premier degré", dans le sens où elle parle une langue qui est déjà utilisée depuis des temps anciens. Non pas un sentiment livresque et négatif, mais simplement le fait qu'on n'écrit pas dans le style de Strauss de la même façon dans la seconde moitié du vingtième, des bouts de Prokofiev peuvent se glisser dedans, par exemple. [A l'occasion, on pourra regarder les choses de plus près.] Une fois cette musique composée, elle s'est retrouvée dans le domaine populaire, admirée pour sa puissance mélodique et optimiste - et il est exact que les thèmes sont très prégnants, et assez considérablement moteurs dans la dramaturgie générale des films. Les parties des batailles, fondées sur des partitions beaucoup plus longues, beaucoup plus sophistiquées, avec beaucoup plus d'audaces harmoniques et de diversité rythmique, ont bien naturellement moins frappé l'imaginaire, alors qu'il s'agit réellement de la part la plus considérable du travail, aussi bien en volume qu'en complexité. Les thèmes retenus par la culture populaire s'attrapent sans même y songer, se fredonnent aisément, et marquent assez profondément par leur caractère suggestif. Et pourtant, en bout de chaîne, ce sont ces motifs simples qui reviennent dans le domaine "savant". Une fois accepté le manque d'offre, à part Anderson & Roe, il reste tout de même de quoi s'amuser avec des pots-pourris pas trop mal faits. Et c'est du côté du piano qu'on trouvera le plus de satisfactions. 2. Large anthologie pour deux pianos Le plus complet dont on dispose est l'arrangement pour deux pianos d'Enguerrand-Friedrich Lühl-Dolgorukiy, pour le duo Lühl-Andrianaivoravelona. Le disque chez Polymnie, essentiellement une transcription (assez littérale) des moments forts des six épisodes, n'expose pas le plus beau jeu pianistique du monde, mais a le mérite d'excéder le petit nombre de thèmes usuellement réexploités, et d'inclure, plus rare encore, ceux de la prélogie. Il ne faut pas y chercher de continuité, de raffinements ou de ponts superflus, mais c'est intéressant. 3. Ultimate dressed medley Le sommet pour tous les amateurs sensibles à un peu plus que la musique sera sans nul doute cette vidéo assez ébouriffante de Sonya Belousova, très bonne pianiste spécialiste des arrangements de thèmes geeks dans des vidéos soignées. ► Ce n'est pas forcément le meilleur pianisme de la concurrence (manque peut-être d'un brin de legato dans les épanchements), mais les transcriptions sont parmi les plus réussies en termes d'équilibre sur un piano, et de fait, les accords brisés et les grands intervalles exploités évoquent la tradition lisztienne de la transcription. Le caractère très pianistique du résultat et des types de traits aussi. ► La vidéo ne fait qu'enchaîner les grands thèmes, mais avec des transitions très simples et naturelles. Tout y passe. De façon plus cohérente du point de vue de leur importance dans l'œuvre que le choix un peu dépareillé de la Suite d'orchestre. ► Surtout, pour les fanboys, on remarquera les costumes impressionnants (piano inclus !) et les clins d'œil à la franchise : ♦ d'abord le thème principal (le thème de l'héroïsme de Luke, parent à la fois des thèmes d'héroïsme et de la Force) qui ouvre les films et la Suite d'orchestre. Belousova est habillée avec une chemise bouffante, façon Han Solo sur un piano en Millenium Falcon où se voient les traces d'usure (référence au qualificatif trompeur de junk lors de sa première apparition) ; ♦ ensuite le thème trépidant du duel of the fates (« duel des destins » ?), qui apparaît notamment lors de la poursuite du I (contre Darth Maul) et du grand affrontement Anakin / Obi-Wan à la fin du III. Ici, Belousova arbore les gants noirs de Lord Vader, sur fond de néons rouges comme autant de lightsabers menaçants (ce n'est pas la première fois que je remarque qu'il pourrait y avoir quelque chose entre vous !), ou évoquant les rais du système d'alimentation du vaisseau amiral (fin du V et fin du VI) ; ♦ le thème de Leïa, qui fait dialoguer les amoureux par montages successifs : costume de Solo, puis costume et chignon spiralé façon Vertigo pour Leïa (sur un piano blanc évoquant les teintes du premier vaisseau rebelle ou de la Cité des Nuages), et lors de la reprise avec petits contrechants plus inquiétants, costume du Luke d'après la révélation et la mutilation par son père (avec un seul gant noir et des néons verts) ; ♦ la marche impériale – on notera la petite touche du pendentif Death Star, et la petite ceinture élégante sur taille serrée, qui évoque davantage Anakin que le massif Vader ; ♦ enfin, comme pour le final de la Suite, le motif de l'héroïsme au ralenti qui se change en thème de la salle du Trône. 4. Réminiscences de Star Wars pour soliste-compositeur mégalo Beaucoup plus souple musicalement, aussi bien dans le jeu pianistique que dans l'enchaînement rapide des épisodes, la réécriture des accompagnements, la quantité des modulations… la version de Jarrod Radnich mérite vraiment le détour. On y croise le thème initial, la contemplation des étoiles, Leïa (très intense et lyrique, « pleine » musicalement), la marche (beaucoup plus habillée et déhanchée qu'à l'ordinaire), la Force qui est souvent la grande absente de ces exercices (et vraiment retravaillée ici, jusqu'à sa mutation, existante dans le film, en thème héroïque), et reprise paroxystique et ornée du thème de l'héroïsme de Luke et de la lutte rebelle, et ici aussi la fin de la salle du trône. Le tout dans une langue musicale très pianistique, extrêmement virtuose, et surtout sans creux ni duretés dans le spectre, une véritable adaptation / réécriture, totalement adaptée comme pièce autonome pour le piano. Lui aussi s'est spécialisé dans ce type d'adaptation costumées, un sacré prisme de visibilité. La preuve, CSS en parle. -- Bonne balade, en attendant le bilan de novembre & planning de décembre, presque fini, mais qui ne paraîtra pas avant le 30 !



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25 novembre

Compte-rendu, critique, opéra. Nantes, Théâtre Graslin, le 24 novembre 2016. OFFENBACH: Orphée aux enfers. Mathias Vidal, … Laurent Campellone, direction. Ted Huffman, mise en scène.

Compte-rendu, critique, opéra. Nantes, Théâtre Graslin, le 24 novembre 2016. OFFENBACH: Orphée aux enfers. Mathias Vidal, … Laurent Campellone, direction. Ted Huffman, mise en scène. Créée en décembre 2015 à Nancy, cette production – dans une distribution renouvelée pour certains rôles, affirme une sainte vertu trop rare sur la scène pour ne pas être soulignée quand elle est bien réelle : sa parfaite cohérence. Soit… du chant, du drame, et cet abandon collectif d’une saveur parfois allusivement nostalgique qui nous a rappelé souvent les délices des meilleurs ouvrages de Johann Strauss, celui spirituel, juste, sincère de La Chauve Souris. C’est dire ainsi le plaisir que diffuse un spectacle qui sait doser très habilement et toujours en finesse: la parodie truculente,-parodie de la mythologie grecque, comme parodie aussi des genres lyriques dont le grand opéra hérité de Gluck (lequel est évidemment cité ici par le violon d’Orphée) ; saillies et situations comiques ; délire pur, cocasse, goguenard, sans omettre une pincée de grivois carnavalesque (la scène de séduction de Jupin/Jupiter métamorphosé en mouche, ou plus loin, la danse délirante et bachique du tableau final) ; et aussi une satire en règle du pouvoir politique (comment ne pas penser à la critique du régime impérial dans le chœur révolutionnaire : « aux Armes ! Dieux et demi dieux… »). SUBTILITÉS D’OFFENBACH… Dans ce spectacle réjouissant, on voit bien que le théâtre d’Offenbach recèle bien des niveaux de lectures, qu’il ne se réduit pas à un divertissement potache aux mélodies souvent irrésistibles (la charge féminine reprise par toute l’assemblée contre les aventures sexuelles de Jupin/Jupiter)… mais par ses facéties musicales produit en définitive, un spectacle riche et percutant. Cest aussi visuellement une très solide action dramatique qui change de lieux- terre, Olympe, Enfers-, avec fluidité par le truchement d’un ascenseur qui monte et descend d’épisodes en situations, puisque le décor unique est celui d’un hall de palace très modern style, où rentrent et sortent les protagonistes. L’assurance des chanteurs souligne la réussite de la production présentée à Nantes. Les solistes sont plus aguerris et de plus en plus caractérisés depuis la première série de dates à Nancy ; la distribution atteint l’idéal et renforce surtout une action qui s’enchaîne avec intelligence, et un vrai rythme dramatique ; alternant solos, duos, ensembles et chœurs… tous jalons ciselés d’une surenchère lyrique qui se joue à casser et détourner les légendes héroïques et divines, et les genres musicaux. Entre finesse et cohérence, Angers Nantes Opéra dévoile la verve poétique d’Offenbach Épatant Orphée aux enfers à Nantes et à Angers Clou de la soirée, la parodie mythologique dévoile ici toute sa justesse drolatique dans l’acte de l’Olympe (tableau 2) : l’équipe ose pour charger la caricature des dieux, une antiquité obèse, abonnée au sommeil, décalage qui nous semble bien servir le propos parodique d’Offenbach, s’agissant le portrait des grâces et des seigneurs olympiens. Si la suffisance et l’arrogance s’expriment en surcharge pondérale, rien de moins surprenant que ces grossissements et boursouflures en règle. Jupiter tonnant et sa cohorte de donzelles gonflées à bloc (Vénus, Junon, Minerve, Diane, sans omettre le plus que joufflu Cupidon) paraissent en abeilles dorées, gavées d’ambroisie, larves engoncées aux mouvements ralentis. Offenbach réussit un détournement des mythes avec cette verve irrévérencieuse que l’on fréquentait plutôt à l’opéra comique et au théâtre de la foire : ici Orphée et Eurydice se détestent, et Jupiter est particulièrement moqué, passant pour un dieu potache. Diane aimait alors Actéon… et Pluton s’amourache d’Eurydice, espérant vainement qu’elle lui soit fidèle. L’Olympe et les enfers sont à l’envers… sujets de situations piquantes qui inspirent particulièrement le compositeur. Représenter ainsi les dieux sacrés de l’Olympe répond point par point à la nature parodique de cet opéra séditieux. TEMPERAMENTS VOCAUX. Scéniquement léchée, la lecture permet de repérer des temps forts qui artistiquement mettent en lumière certains solistes véritablement à leur aise offrant une galerie des plus délectables de tempéraments dramatiques plutôt très séduisants… Dès sa première scène à Thèbes, Pluton grimé en Aristée (berger aimé d’Eurydice) impose la gouaille mordante de l’excellent Mathias Vidal, acteur savoureux, voix percutante à l’articulation exemplaire. De toute évidence, c’est Pluton, le vrai héros de l’action (même si en fin de drame, il perd tout). A ses côtés, l’Opinion publique de Doris Lamprecht incarne cette mère la morale avec un aplomb conquérant (grimée en femme de ménage), obligeant le rebelle Orphée à reconquérir celle qu’il n’aime pas mais qui reste néanmoins sa femme… Sur le mont Olympe, le Jupiter de Franck Leguérinel offre une désopilante posture en bibendum doré : sa truculence demeure subtile, indice d’un vrai talent d’acteur, sans épaisseur ni vulgarité ; à ses côtés, les divinités toutes bien dans leur personnage, confirment la pertinence de la distribution : Vénus se languit (suave Lucie Roche), et Diane (précise, mordante, ardente Anaïs Constans) vocifère avec tact, en se lamentant sur le corps de son aimé Actéon ; même Mercure (impeccable Marc Mauillon) pétille par sa légèreté ailée… Tous les « seconds rôles » sont ainsi à la fête, riches en relief, brossés chacun avec beaucoup de finesse. A la pétillante Jennifer Courcier reviennent les airs de Cupidon, ici l’assistant de Jupin/Jupiter, toujours en astuces et filouterie. Les deux derniers tableaux – aux Enfers-, voient s’affirmer l’aplomb scénique du Pluton de Mathias Vidal, affublé d’une magnifique crinière blonde (et d’une paire d’ailes avec châssis en osier) : son intelligence calculatrice se confronte à la puissance potache du Jupiter amoureux (d’Eurydice) en un duo électrique, qui pourrait parodier (autre référence lyrique), Wagner et sa Tétralogie : Jupiter / Pluton chez Offenbach, c’est un peu Wotan et Loge qui descendent eux aussi au royaume souterrain des Nibelungen… Aux enfers toujours, saluons l’excellente performance du John Styx – gardien d’Eurydice-, du ténor Flannan Obé - mi loup maladroit mi porc-épic: voix claire et puissante, magnifiquement articulée elle aussi, et comme Mathias Vidal, un jeu tout en subtilité. Grâce à lui, le théâtre s’invite à l’opéra, éclairant avec beaucoup de naturel, le piquant de la situation : Styx, ex Roi de Béotie, se languit de la belle Eurydice depuis que Pluton la tient prisonnière aux enfers… La scène vaut pépite, de surcroît sur l’une des mélodies les plus ciselées d’Offenbach. Le choeur d’Angers Nantes Opéra est parfaitement intégré à l’action, assurant même pour une grande part, l’éclat des ensembles, en particulier les deux scènes délirantes des enfers – carnaval des animaux d’abord, bacchanale libératrice et parfaitement fantasque enfin (avec l’hymne à Bacchus, et son galop infernal, vraies réponses aux choeurs de La Chauve Souris de Johann Strauss). Reste le couple prétexte à cette savante parodie musicale : Orphée convaincant, efficace de Sébastien Droy ; Eurydice, au beau relief, en sa coloratoure maîtrisée, idéalement hystérique de la soprano Sarah Aristidou. En définitive, c’est elle, Eurydice souveraine qui ouvre et referme le bal, libre de son désir, préférant à Orphée, Pluton et Jupiter, la brûlante ivresse de Bacchus (chœur final). ______________________ Tout cela fonctionne à merveille tant l’esprit de troupe se cristallise à chaque séquence. En fosse, sachant piloter l’orchestre, le chef Laurent Campellone veille aux nuances et aux accents-, caractérisant chaque tableau en particulier les nombreux ensembles en un geste clair et articulé qui produit l’équilibre, la cohérence dont nous avons parlé et qui frappe tant. Voici donc un somptueux travail d’équipe qui réalise une production épatante à ne manquer sous aucun prétexte : le rire, l’intelligence, la finesse sont au rendez-vous, rendant le meilleur hommage à cet Offenbach, roi des boulevards dont le rythme ici marié à la finesse produit l’un des meilleurs spectacles récents d’Orphée aux enfers. A NANTES, Théâtre Graslin, les 25, 27 et 29 novembre 2016. Puis à ANGERS, Le Quai, les 14, 16 et 18 décembre 2016.

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21 novembre

BEAUX LIVRES, compte rendu. Leon Baskt. Catalogue de l’exposition, “BAKST, des Ballets russes à la Haute Couture, à Paris, Bibliothèque musée du Palais Garnier (Editions Albin Michel)

BEAUX LIVRES, compte rendu. Leon Baskt. Catalogue de l’exposition, “BAKST, des Ballets russes à la Haute Couture, à Paris, Bibliothèque musée du Palais Garnier (Editions Albin Michel). 10 chapitres passionnants éclairent la vision personnelle du plasticien Léon Bakst, celle des arts à l’épreuve de la scène. « La Leçon russe » (pour ses origines et sa formation, comme sa culture native) ; « Scène et modernité », puis « L’archaïsme dans la pensée de Bakst » (s’agissant du théoricien de l’avenir), « La référence des poètes et des écrivains » (car l’artiste fut admiré unanimement par ses pairs littéraires, de Proust à Cocteau…), « la mondanité », « les arts décoratifs », « la théâtre de la mode », jusqu’aux « avant-gardes » et au « cinéma »… rien n’est écarté à propos d’un créateur qui aura marqué durablement le spectacle en France dans les années 1910 (avec Diaghilev), puis dans les années 1920, quand il a rompu avec l’impossible et presque pervers fondateur des Ballets Russes, devenant le conseiller artistique du directeur de l’Opéra de Paris, Jacques Rouché. En fin de publication, une « chronologie sélective » permet de rétablir le contexte des créations et ballets réalisés dans la continuité de sa naissance en 1901 à sa mort en 1924. Parmi les révélations captivantes des textes, percent la coopération de Bakst pour l’Opéra de Paris, et aussi sa fidélité à une protectrice engagée comme lui par sa passion de la danse, Ida Rubinstein (dont Bakst a laissé un sublime dessin de dos,- sainguine de 1916, double-page 156-157, reproduit dans l’ouvrage). Féerie éternelle du peintre et poète Léon Bakst Le Gustave Moreau du Ballet… APÔTRE D’UN ARCHAÏSME MODERNE… Lors d’un voyage en Grèce, en 1907, Bakst renforce sa quête d’un archaïsme régénérateur dans lequel au contact de la sculpture antique et des sites archéologiques visités, il puise les fondements esthétiques de son travail global fondé sur l’art collectif (transmission et coopération), et une idée personnelle, puissante d’un art « primitif », simple, accessible, enfantin. Un art immédiatement compréhensible (comparable à celui de Millet par exemple dont l’Angelus ainsi incarne un exemple éloquent de retour simple à la Nature, profonde, silencieuse, primitive…; et admiré), né d’un travail en équipe dans l’esprit des atelier d’artisans et maîtres d’art de la Renaissance entre autres. Il en résulte une approche visuelle, graphique, chromatique qui cultive particulièrement la notion d’atmosphère et de climat. En plasticien accompli, Léon Bakst soigne tous les détails pour mieux préciser sa partition globale, propice à une peinture vaste et d’une grande puissance onirique. Le créateur voit grand, pense correspondances, et vaste disposition. Les costumes n’y sont qu’un élément qui confère leur cohérence aux décors. C’est dans cette conception d’ensemble qu’il rejoint Wagner : la scène est une totalité qui fusionne plusieurs disciplines dont l’énergie et l’expressivité propres sont résolues dans une unité première. A cet équilibre secret qui doit être caché pour sembler naturel, Bakst ajoute donc la notion de simplicité primitive, écartant toute virtuosité de l’effet. Préférant l’immédiateté et le « lapidaire », le rude et le percutant, Baskt a toujours appelé à un art qui évacue le lisse et le léché. Bakst aurait-il lu Gustave Moreau qui déclarait de même : « faire simple et s’éloigner du faire lisse et propre (…). Copier l’austérité des maîtres primitifs et ne voir que cela ». Quand l’artiste invoque le geste primitif, premier du percussif immédiat, ne convoque-t-il pas en définitive, la capacité d’émerveillement de l’enfant, son regard jeune et neuf vers le monde, plein d’espérance, d’appétit et sans culture préétablie, sinon piloté par son goût instinctif ? Et Bakst de préciser trois valeurs clés, créatrices, fécondes dans sa recherche inspirée par l’enfance : « sincérité, mouvement, couleur claire et pure ». Une vraie déclaration d’intention. Voilà des notions fondatrice d’un art inclassable dont la justesse nous parle toujours. En témoignent encore les ballets à l’énoncé impressionnant dont les compositeurs ou librettistes indiquent la valeur d’un créateur hors normes : “Le Martyre de Saint Sébastien” de 1911 (musique de Claude Debussy/ livret de D’Annunzio), « Hélène de Sparte » créé à l’Opéra de Paris en 1912 (pour Ida Rubinstein), surtout l’extraordinaire « Légende de Joseph », musique de Richard Strauss, sur un livret du poète Hugo von Hofmannsthal, de 1914 (qui regroupe alors l’équipe artistique réunie autour de Strauss pour la création du Rosenkavalier, Le Chevalier à la rose). C’est l’apport des articles passionnants de ce catalogue, véritable bible explicative, nécessaire complément à la visite de l’exposition parisienne. La contribution en particulier de Sarah Barbedette : « L’Archaïsme dans la pensée de Bakst », met en lumière la réflexion spécifique du Bakst théoricien dont la compréhension de l’archaïsme enfantin concentre en définitive, sa propre résolution de la modernité. Le livre richement illustré permet de mesurer la valeur et la qualité égale de Bakst sur la durée, de ses premiers ballets certes légendaires pour les Ballets Russes (Shéhérazade, L’Oiseau de feu, Judith, La Péri, L’Après Midi d’un faune sur la musique de Debussy, Jeux…, les deux derniers ballets sur la musique de Claude Debussy) aux accomplissements plus tardifs, et tout autant captivants, en particulier La Belle au Bois dormant d’après Perrault (1921), Artémis troublée (1922), Phaedre (1923), La nuit ensorcelée (1923), Istar (1924)… Indispensable. _______________________ LIVRES, compte rendu, catalogue de l’exposition : « BAKST, des Ballets Russes à la haute couture », Paris, bibliothèque-musée, Palais Garnier Paris, du 22 novembre 2016 au 5 mars 2017. Ouvrage collectif sous la direction de Mathias Auclair, Sarah Barbedette et Stéphane Barsacq… Editions Albin Michel, avec la BNF— 192 pages — 39 euros. CLIC de CLASSIQUENEWS de décembre 2016. Le livre fait un excellent cadeau pour les fêtes de fin d’année.

Richard Wagner
(1813 – 1883)

Richard Wagner (22 mai 1813 - 13 février 1883) est un compositeur allemand. Wagner doit son importance dans l'histoire de la musique occidentale à ses opéras, en particulier L'Anneau du Nibelung, festival scénique en un prologue et trois journées dont il écrivit lui-même les poèmes et dont la conception bouscula délibérément les habitudes de l'époque pour aller, selon ses propres termes, vers un « art total » : spectacle complet, mélodie continue et emploi du leitmotiv. Sa vie bohème et fantasque lui fit endosser de multiples habits : révolutionnaire sans le sou, fugitif traqué par la police, homme à femmes, confident intime du roi Louis II de Bavière, critique et analyste musical, intellectuel en proie aux errements idéologiques de son époque qui sera récupéré par les nazis : son comportement et ses œuvres ne laissaient personne indifférent. Aussi doué pour nouer des amitiés dans les cercles artistiques et intellectuels que pour les transformer en inimitiés, sachant créer le scandale comme l'enthousiasme, il a suscité des avis partagés et souvent enflammés de la part de ses contemporains. Ses conceptions artistiques avant-gardistes ont eu une influence déterminante dans l'évolution de la musique dès le milieu de sa vie. À l'égal d'un Verdi né la même année, mais au style radicalement différent, il est considéré comme l'un des plus grands compositeurs d'opéras du XIXe siècle.



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